Soumettre la finance internationale à l'intérêt général

« Il ne peut y avoir ni efficacité de l'économie, ni équité de la répartition des revenus dans une économie monétairement instable... »

Maurice Allais

Je suis convaincu que dans un futur proche, des hommes animés d'une même ferveur sauront unir leurs compétences et leurs différences pour établir, ensemble, un projet politique alternatif, répondant à la fois aux exigences de notre temps, au respect de la démocratie et des droits de chacun. Notre propos ici ne sera donc pas d'établir un ensemble de propositions concrètes, qu'elles soient politiques ou sociétales mais de poser les fondements d'une économie capitaliste saine et équitable, sans laquelle tout projet aussi ambitieux soit-il serait condamné à l'échec.

Pour cela il est primordial de réformer en profondeur les institutions financières et monétaires en s'inspirant des travaux de Maurice Allais à qui, malheureusement, l'Histoire a donné raison.

1) Interdire aux banques la possibilité de créer ou de contrôler la monnaie. Ce droit appartient aux peuples et doit donc par essence redevenir la prérogative exclusive des États, qui pourront de surcroît réinvestir les gains générés dans des projets d'intérêt général. Les dépôts faits par les particuliers doivent redevenir des dépôts effectifs, c'est-à-dire un bien appartenant au déposant et dont la banque ne puisse pas disposer à sa guise. Dans ces conditions, le secteur bancaire ne pourra plus créer de monnaie de crédit, puisqu'il ne pourra faire de prêts qu'avec des ressources de durées d'immobilisation comparables à celles des prêts. Les grandes récessions étant provoquées par les dérèglements des crédits, on obtiendrait ainsi une croissance plus régulière. Les Etats retrouvant le droit d'emprunter à leurs banques centrales à taux zéro, diminueront par ailleurs considérablement l'accroissement de leurs dettes.

2) Interdire aux banques le droit de spéculer pour elles-mêmes, ce qui permettra entre autre, qu'elles ne puissent plus influer artificiellement sur le prix des matières premières ou sur la stabilité des monnaies et des Etats. Cela permettra également de réduire considérablement leurs possibilités de créer de toute pièce des produits financiers aléatoires et de ruiner leurs épargnants comme se fut le cas dans la crise des sub-primes

3) Rétablir un système de régulation aux frontières quand les écarts de niveau de vie et de système de production sont trop grands et qu'ils deviennent contre-productifs, menaçant la sécurité et la pérennité de l'industrie, de l'agriculture et du secteur tertiaire des pays les plus développés.

Vous aurez compris que la problématique essentielle est de remettre l'humain au cœur du débat, car il est absolument inconcevable que la notion de « matériel humain » puisse être entrée dans le langage courant. Il est indispensable de rétablir l'équilibre par une juste répartition des richesses et de revaloriser le travail, la production, la création et les investissements utiles. On ne peut décemment faire le procès d'un homme qui aurait fait fortune en ayant eu le talent de créer un outil de production prospère ; si ses salariés sont rémunérés à juste titre et qu'ils vivent dignement, cette réussite lui revient de droit. Cessons d'opposer systématiquement le patronat et le salariat, le riche et le pauvre ; éradiquons la pauvreté et le débat sera clos.

Extrait du "Manifeste d'un citoyen". Auteur : Pascal GEOFFROY