Pour une révolution économique, pacifique et mondiale

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Nos esprits seraient-ils à ce point appauvris, que nous soyons prêts à livrer nos âmes sans même essayer de combattre ? Nous écoutons les sirènes corrompues faire l’apologie de la fatalité, accrochés à nos costumes de servants lobotomisés ; prenez ceci est mon sang, asservissez ceci est mon engeance.

Citoyens sans substance, nous sommes devenus la sous-catégorie des mammifères ; la seule en définitive qui ne se sente plus aucun devoir vis-à-vis de sa descendance. Après moi le déluge et advienne que pourra ! Quand je pense à tous ces millénaires d’acharnement, à tous ces combats menés, à ces hommes et ces femmes qui, partis d’un silex, allumèrent un grand feu... Serons-nous le siècle qui soufflera la flamme ? Laisserons-nous une poignée de prédateurs, barbares cupides et orgueilleux, anéantir le devenir de l’humanité, au nom d’intérêts particuliers pour le moins puériles ?

Regardez notre monde, il n’a jamais été aussi violent, ni les hommes aussi lâches, ce qui, a priori, peut paraître paradoxal. Mais à bien y réfléchir, la violence n’est-elle pas la première des lâchetés ? Le male frustré ne frappe t-il pas sa femme, juste pour se donner l’illusion de la virilité et donc de la force ? Le fondamentalisme religieux ne tente t-il pas lui-même, d’imposer ce qu’il est en définitive incapable de prêcher ? Le totalitarisme n’est-il pas de fait un aveu d’impuissance politique? N’est-il pas temps par ailleurs, de réapprendre à réfléchir par nous même ? N’est-il pas temps de nous déconnecter enfin, des médias dominants qui tentent de nous convaincre, jour après jour, que nous n’avons pas le choix ? Ce qui par définition est un non-sens ! Toute notre vie est composée de choix, la vie politique également…

Quelle est cette horde d’affairistes névrosés qui tente de nous imposer un modèle de société contre nature et homophage ? Qui sont ces fous furieux qui tentent de construire un nouvel olympe dont ils seraient les maîtres absolus. Des dieux pitoyables en vérité, car sommes toutes, de simples mortels. J’imagine avec délectation le nouveau Zeus sur son « trône », tordu et grimaçant, mis en souffrance par une simple colique… Car ne vous y trompez pas, aussi puissants qu’ils soient, les ennemis de la démocratie ne sont que des hommes ; peu nombreux de surcroit, quelques milliers à peine, face à une armée citoyenne composée de près de 7 milliards d’individus ; et si cette armée n’est pour le moment que virtuelle, il ne tient qu’à nous de la former. Imaginez, une chaine humaine gigantesque, la plus puissante arme de dissuasion jamais conçue, la seule en vérité capable de réussir une révolution pacifique.

Je fais souvent ce rêve, où un matin différent des autres, l’aube se lèverait enfin sur une civilisation digne de ce nom. Ce n’est ni une utopie, ni même difficile à réaliser. Il suffit juste de le faire. L’oligarchie financière internationale est en train d’annexer toutes les démocraties du monde et les hommes politiques qui la servent n’ont jamais fait preuve d’autant d’arrogance et de cynisme. Nous ne pouvons, comme un troupeau résigné, laisser se perpétrer le plus grand crime jamais commis contre l’humanité. Nous devons réagir, ou à défaut nous disparaitrons dans une lente agonie. Sans armes citoyens ! Nous n’en avons nul besoin, car nous représentons à nous tous une force colossale. Notre bulletin de vote n’a plus aucune valeur ; nous votons à gauche, à droite, démocrate ou républicain, et en définitive, nous enlisant dans la pensée unique, nous élisons un système qui dévore l’humanité aussi sûrement que la lèpre. Donnons-nous rendez-vous un jour et une heure dite. Invitons tous les intellectuels de bonne volonté à nous rejoindre, afin qu’ils puissent établir une charte économique citoyenne, que tout état devrait respecter pour avoir le droit d’intégrer la société des nations. En ce jour de libération et tout le temps qu’il sera nécessaire, cessons de travailler, de servir, de consommer ; descendons dans les rues, investissons le siège de toutes les sociétés et institutions spéculatrices et exigeons la revalorisation du travail. Eradiquons les parasites voraces de l’économie virtuelle. Obligeons nos gouvernements respectifs à rétablir la démocratie. Face à la violation perpétuelle des droits de l’homme, face à l’assassinat des démocraties et des états de droit, la désobéissance civile devient un devoir. Nous n’avons aucune raison d’avoir peur, car nul n’est en mesure de résister à l’union sacrée des peuples. Il n’est plus temps de manifester, par petits groupes contestataires pour des causes disparates ; il faut ensemble, s’attaquer aux racines du mal.

Ne nous laissons pas diviser pour des raisons politiciennes, ethniques ou religieuses. Qui que nous soyons, nous sommes tous des citoyens du monde et la mondialisation nous interdit le concept même de l’individualisme primaire. Cette magnifique « orange bleue », comme la nommait Aragon, a besoin d’une humanité une et indivisible. Le 21ème siècle nous invite à l’évolution et nous vivons certainement la période la plus importante de notre histoire. Nous avons la capacité de faire renaitre le phénix de ses cendres. Nous avons la capacité de rebâtir une société humaine dont la valeur fondatrice serait l’intérêt général. Nous avons la capacité de dire à nos enfants : le bonheur est possible ! Demain, soit nous écrirons une page civilisatrice, soit nous jouerons notre propre requiem ; ce n’est qu’une question de choix, d’engagement et de volonté.

Pascal GEOFFROY.

Pour une révolution économique, pacifique et mondiale

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